Une brèche, et la conviction qu'elle méritait d'être comblée.
Trois ans après les événements du 20 août 2023 qui avaient rayé le centre-ville de Night City, la métropole entamait sa reconstruction la plus difficile : non pas celle des immeubles, mais celle de la mémoire numérique d'un million et demi d'habitants. La Quatrième Guerre corporatiste avait laissé derrière elle plus que des cratères et des deuils. Elle avait fracturé l'architecture du NET, dispersé les registres municipaux, et privé l'écrasante majorité des survivants de tout document attestant leur existence légale.
C'est dans cette brèche que PixelPoint Forge prit forme.
À l'origine, un collectif restreint d'ingénieurs en systèmes distribués, d'archivistes du numérique et d'anciens consultants en sécurité corporate avait constaté la même réalité depuis des angles différents : les outils classiques de reconstruction d'archives étaient inadaptés à l'échelle du chantier. Là où d'autres acteurs cherchaient à reconstituer l'ancien NET, le collectif fondateur fit le choix inverse — celui d'une infrastructure d'identité native de l'Ère du Rouge, pensée pour un monde où la donnée ne circule plus librement, où chaque registre doit se justifier localement, et où la confiance dans un identifiant tient à la qualité de son émetteur.
PixelPoint Forge fut officiellement constituée le 14 octobre 2027 à Night City, sous le statut d'entité corporate indépendante. Le choix du fennec comme emblème officiel ne fut pas anodin : créature discrète, robuste, capable de prospérer là où d'autres renoncent, le fennec creuse des passages que personne ne voit, et trouve dans la ressource rare ce que les puissants jugent négligeable. Une métaphore qui, dix-huit ans plus tard, continue de structurer notre approche.
